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Mercredi 8 avril 2009

Le scrutin proportionnel permet de doter d'une Assemblée de personnes des tendances politiques les plus diverses. Il permet ainsi de créer un Parlement qui discute, car à chaque fois qu'il faut de nouveau adopter un texte il faut fabriquer une nouvelle majorité. De plus, le citoyen a l'impression que le suffrage n'est pas perdu.

 

Pourtant, le scrutin proportionnel présente des inconvénients, comme le fait que l'élection pour certains est trop facile, en effet, certains ne se battent plus pour obtenir des suffrages auprès des électeurs, puisque les premières places de la liste sont (pour les grands partis), des places où il n'y a plus élection mais nomination, ainsi au Parti Socialiste, concernant la liste Sud-Ouest  (pour les élections européennes), on affirme qu'on en passera surement 3 pour des places de députés européens, peut-être 4, les 2 premiers de la liste savent que quoi qu'ils fassent qu'ils seront automatiquement élus. Il a été utilisé en France sous la IVème République, et il aurait fallu 4 semaines avant que les députés ne choisisse un ministre des affaires étrangères quand Hô Chi Minh est venu en France, en Italie, le gouvernement Prodi a été renversé... Il s'agit donc d'un système qui ne favorise pas la stabilité gouvernementale. Le risque c'est de voir des gens commencer à non plus vouloir convaincre les électeurs mais le parti et donc aussi de créer de l'intégrisme. Philippe Plisson, député et signataire de la motion B au congrès de Reims, affirmait dans l'Hebdo des socialistes que c'était la première fois qu'il ne signait pas la motion d'un leader national les yeux fermés... Beaucoup agissent ainsi car dans tout parti il y a un courant majoritaire. Il y a en effet un risque de vote stratégique pour se rapprocher du pouvoir, de la position idéologique de l'élu puissant et respecté. Le risque, c'est qu'on ne puisse plus convaincre par sa personnalité ni par ses compétences. C'est aussi nier les compétences et dire que les français ne votent qu'en fonction de la tendance politique, pour le parti qu'ils représentent et pour leur programme national. Dans ce cas là, autant remplacer les députés par un porte-parole pour chaque parti avec les voix qu'ils auraient.

 

Appliqué aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, le scrutin majoritaire, lui, permet d'établir un programme qui sera défendu par une majorité forte et stable, du fait que l'appartenance à un parti repose sur l'adoption de principes communs (un fait: la plupart des députés de l'UMP sont pour le bouclier fiscal tandis que les socialistes, en général, sont contre). La majorité forte peut ainsi faire passer ses textes... On reconnait aussi un homme pour ses compétences en l'élisant, en lui permettant de se présenter sans étiquette. Selon Valérie Pécresse "Le scrutin majoritaire, en ne noyant pas le candidat au milieu d’une liste, le rend plus indépendant vis-à-vis de son parti".

 

Pourtant, le scrutin majoritaire présente lui aussi des inconvénients, en effet, les français ont l'impression qu'il se crée un bipartisme, qu'ils ne sont plus représentés: le centre et les extrêmes se battent pour avoir une représentation. De plus, le scrutin majoritaire élit des députés qui représentent inégalement la population, ainsi Christophe Barbier affirme "Un de mes collègues députés représente 38 000 habitants de Lozère et un autre 190 000 habitants du Val-d’Oise, avec le même poids à l’Assemblée et les mêmes moyens.". Aussi, poussé à l'extrême, ce système fait qu'un score de 51% dans toutes les circonscriptions françaises détenu par un parti pourrait permettre d'avoir la totalité des députés à l'Assemblée Nationale...

 

Au final on peut voir qu'il est indéniable que le scrutin proportionnel présente des avantages, tout comme le scrutin majoritaire. Il se trouve que ces systèmes de scrutin ont tous les deux des inconvénients. L'instabilité gouvernementale provoqué par la proportionnelle, l'absence de majorité forte, et pour le scrutin majoritaire le fait qu'il ne représente pas toutes les tendances politiques. Néanmoins, le mélange des deux scrutins pour fusionner les avantages pourrait permettre de gommer ces inconvénients, en effet, rajouter une petite dose de proportionnelle ne ferait pas pencher la balance dans l'instabilité gouvernementale ni dans l'absence de majorité forte. La meilleure solution d'après moi serait donc de conserver le scrutin majoritaire et d'y ajouter du scrutin proportionnel au niveau national. Les députés, seraient toujours élus de la même façon dans les circonscriptions: il y aurait toujours 577 députés élus par les citoyens. L'élection de députés à la proportionnelle qui seraient rajoutés à ces 577 députés (20 au minimum), car alors obtenir un suffrage de 5% pourrait permettre d'avoir un député, mais fixer ce nombre de députés élus à la proportionnelle au niveau national dans le cadre de cette proposition reste une question à étudier.

Par daviddepau - Communauté : Parlons politique
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Vendredi 3 avril 2009
La malnutrition est due au manque d'aliments de qualité. Il s'agit d'un fléau qui tue de nombreux enfants sur notre planète, ainsi, l'OMS rapporte que la taux de mortalité pour cette cause est de 74% chez les enfants de moins de 5 ans. On peut donc affirmer que c'est la première cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans dans le monde. Aux Etats-Unis (tout de même la première puissance économique mondiale), à la suite du "Fair Act", loi mise en place en 1995, on trouvait un enfant sur trois souffrant de malnutrition ou étant en situation alimentaire précaire. Selon l'Unicef, 230 millions d'enfants de moins de 5 ans sont atteint de malnutrition dans le monde.

 

Depuis quelques années on parle d'un aliment redécouvert dans les années 40, cet aliment est consommé par la population Kanembou (du Tchad), et l'était aussi autrefois par les Aztèques. 10 grammes de Spiruline est équivalent à l'apport nutritif d'une ration alimentaire journalière. La Spiruline est le produit le plus riche en protéines au monde, elle représente 60 à 70% de protéines, alors que le soja, notoirement connu pour son pouvoir nutritionnel, contient un taux de 24% de protéines. Les fromages les plus riches contiennent un taux de protéines qui peut atteindre 35%. La viande elle, contient, un taux en moyenne de 20% en protéines. La Spiruline contient 17 acides aminés dont tous les essentiels (8), un cocktail de vitamine, en tout 11, de la vitamine A (permet d'avoir une bonne peau et une bonne vue), toutes les vitamines du groupe B, ainsi que de la vitamine E (freine la vieillissement cutané), de la vitamine B12 (excellent pour le système nerveux), aussi 12 minéraux et oligo-éléments, des acides gras essentiels (10), 15% de glucides et 7% de lipides. La Spiruline stimulerait la production de globules rouges et blancs, et donc pourrait permettre de réduire une déficience (en globules blancs), mais aurait aussi un effet positif pour les personnes ayant le SIDA, car elle permet de maintenir un certain temps les lymphocytes CD4. Les propriétés de la spiruline permettent à ce qu'elle puisse se mélanger à n'importe quel aliment.

 

 

D'après Antenna Technologies et le Medical College of Maduraï, 1 à 3 grammes de Spiruline pendant 4 à 6 semaines pourrait résoudre les cas de malnutrition grave, ce qui représente environ 100 grammes pou toute cette durée (sachant que la production de Spiruline coûte de 15 à 20 euros le kilo). La spiruline est peu chère à cultiver, elle se multiplie aussi, par scission, toutes les 7 heures. Au Burkina Faso, le prix de vente pour les centres de redistribution est de 12,2 euros le kilo. La Spiruline demande pour sa culture un espace réduit (250 fois moins que le riz, 20 fois moins que le soja) pour un apport nutritif, qui au final, est supérieur.

 

1 m² permet la production de 6 grammes par jour, et donc de 2kg par an. Le diocèse de Koudougou (au Burkina Faso) développe un projet de ferme de Spiruline de... 3600 m² de bassins.

 

La Spiruline pourrait être utilisée en urgence, en attendant de trouver mieux pour vaincre la malnutrition. Son utilisation dans le but de réaliser de nouveaux produits alimentaires, d'après moi, devrait être envisagée.

 

Par daviddepau - Communauté : Parlons politique
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Vendredi 3 avril 2009

D'après Stefanovitch et Robert Colonna d'Istria, auteurs du livre "Le Sénat, enquête sur les superprivilégiés de la République", le Sénat aurait eu une dotation de 327,69 millions d'euros en 2009.

 

Le Sénat compte environ 1220 salariés dont les salaires s'étalent de 2300 euros (net et hors primes) à plus de 20000 euros mensuels. Un jardinier du Sénat gagne donc au minimum 2300 euros par mois. Il faut savoir qu'en général le salaire le plus élevé de la fonction publique est de 5200 euros (pour un général par exemple).

 

Le Sénat offre donc beaucoup d'avantages, mais ce n'est pas tout.

 

Un Sénateur, au bout de 6 ans de mandat, pourra toucher une pension de 1869 euros alors que de nombreux français cotisent pendant 40 ans pour avoir moins.

 

Autre élément, il est possible à tout parlementaire s'il a cotisé au minimum 15 ans dans son administration d'origine ou dans son corps de liquider sa retraite, en même temps que celle de parlementaire... Un cumul que Philippe Marini, comme 9 autres parlementaires, ont en 1999 pratiqué, puis en 2000 8 parlementaires ont eux-aussi, pratiqué ce cumul...

 

En parlant de retraites, les Sénateurs en retraite disposent d'une carte de circulation "Forfait France 1ère classe" qui permet de circuler sur tout le territoire gratuitement, puis aussi leurs conjointes peuvent bénéficier de 6 voyages en première classe remboursés.

Gratuité que l'on retrouve chez la RATP et chez Air France...

 

Ce qui peut paraître choquant c'est que des Sénateurs en retraite bénéficient de tels avantages: ils ne sont plus en exercice la France n'a pas à leur payer des frais de déplacement. De plus, pourquoi ne donner ces privilèges qu'aux conjoint(e)s? Pourquoi ne pas étendre cette logique aux enfants, aux cousins, aux oncles, aux ami(e)s?

 

De tels procédés ont conduit le conseil municipal de Chevaigne à écrire une motion où ils affirment refuser de participer aux Sénatoriales et où ils demandent la suppression du Sénat.

 

Un des points est criant de vérité:

- "Les privilèges de cette institution en marge des règles de droit commun de la République".

 

Ce qui choque le plus dans l'opinion publique c'est autre chose.

Monsieur Christian Poncelet bénéficie d'un appartement de 200 m² attribué par le Sénat, qu'il a obtenu à condition qu'il ne dispose pas d'appartement à Paris... Il en possède deux d'après le Canard Enchaîné... Avec la retraite qu'il a est-il nécessaire qu'en plus de ses 2 autres appartements, qu'il bénéficie d'un logement de fonction? Puis il n'est pas le seul à en bénéficier, ainsi l'ancien vice-président Philippe Richert, possède un appartement de 500 m² avec 5 chambres... alors qu'il est célibataire. Un tel appartement, doté de 5 chambres, est-il nécessaire à un célibataire alors que d'autres pourraient en bénéficier?

 

Face à ces privilèges une réforme du train de vie des Sénateurs, de l'attribution de leurs pensions et une suppression de privilèges inacceptables est plus que nécessaire en ces temps de crise.

 

Au fil de mes recherches sur le net, je suis tombé sur un article rédigé par un homme de droite qui défend ces privilèges.

 

Cet article affirme qu'il y a nécessité que les Sénateurs aient une "sécurité de l'emploi" et donc une retraite assurée, pourtant cet argument se heurte au fait que 83% des parlementaires cumulent et ont donc d'autres fonctions politiques (maire, conseiller régional, etc...) et 46% d'entre eux sont fonctionnaires, et retrouvent donc leurs postes s'ils ne sont pas réélus.

Par daviddepau - Communauté : Parlons politique
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Vendredi 3 avril 2009
Au Canada, on a légiféré de telle sorte pour qu'il y ait imprescriptibilité pour les crimes sexuels commis sur des mineurs, aussi, en Grande-Bretagne, tous les crimes qui relèvent de la personne sont imprescriptibles. Si certains demandent l'imprescriptibilité pour les crimes sexuels, d'autres ont des arguments pour demander à ce que la prescription soit conservée. Dans cet article, nous allons tout d'abord exposer les arguments de ceux qui y sont opposés, puis de ceux qui y sont favorables (et qui très souvent sont des arguments de personnes ayant subi des attouchements ou des viols durant leur enfance), pour enfin essayer de parvenir à une conclusion satisfaisante.

 

D'après ceux qui sont pour la prescription concernant les crimes sexuels commis sur des enfants; on peut trouver l'argument selon lequel qu'au bout de 30 ans les preuves sont difficiles à réunir (les preuves médicales, les témoignages précis, etc...). Le fait que des témoignages concernant les faits après une longue durée seraient difficiles à réunir, ferait que les dénonciations calomnieuses seraient facilitées. Cela conduirait aussi probablement à de nombreux violeurs ayant commis des crimes sexuels sur des enfants à être relaxés, en effet, à cause de l'éloignement des faits dans le temps, aussi du fait qu'en France on applique le principe selon lequel le doute profite toujours à l'accusé (d'ailleurs le proverbe suivant est très connu des juristes: "Mieux vaut un coupable en liberté qu'un innocent en prison"). La relaxation pourrait selon les détracteurs de cette proposition détruire les victimes plus que ne les reconstruire, car pour une victime une relaxe signifirait que la société ne reconnait pas ce crime. Il s'agirait aussi pour certains d'une justice d'exception.

 

D'après ceux qui sont pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des enfants; le premier problème posé est le problème de l'amnésie traumatique, qui parfois dure durant des dizaines d'années, ainsi, un internaute témoigne de 33 ans de "blackout", et un autre de 28 ans du même état... Ensuite, le fait que la prescription pourrait protéger des violeurs, permettre à des violeurs (d'après une victime un pédophile fait généralement presque toujours plusieurs victimes) de continuer leurs actes sur d'autres enfants, ainsi permettre à la justice de fonctionner permettrait de protéger les éventuelles personnes qui pourraient croiser la route de ces personnes, de prévenir les familles, d'éviter que des grands-parents pédophiles fassent subir les sévices qu'ils ont fait subir à leurs enfants à d'autres enfants. De plus, les auteurs de tels actes sont parfois inconscients du mal qu'ils font, ainsi une femme témoigne sur Internet du fait que son mari, pour justifier des attouchements, qu'il s'est défendu d'avoir fait de la "pédagogie éducative", aussi il est notoire que de nombreux pédophiles pensent procurer du plaisir aux enfants, méconnaissant les conséquences psychologiques à long terme et sur le développement de l'enfant suite à de tels actes. Ce serait, d'après ceux qui sont opposés à la prescription, bénir la reproduction de ces actes que de la conserver. La prescription a ainsi permis à un auteur d'une quinzaine de viols prescrits, pris en flagrant délit alors qu'il photocopiait des images pédopornographiques dans une galerie marchande d'Orly, de repartir libre, rien ne l'empêchant donc de recommencer... Contrairement aux détracteurs de cette proposition, ceux qui sont pour l'imprescriptibilité pensent que les preuves, que ce soit 5 ans après les faits, ou 30 ans après les faits, sont tout aussi difficiles à réunir, en effet, un enfant abusé par son proche parent alors qu'il était seul(e) avec lui aura d'immenses difficultés à obtenir de la justice une condamnation: c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre, et pourtant ça n'empêche pas à la justice de juger ces affaires. En punissant les auteurs de tels actes, on permet à la victime de se reconstruire, en effet, les victimes ressentent de la culpabilité, et pouvoir savoir qu'elles ne sont pas responsables leur permet de passer à autre chose, et s'il n'y a pas condamnation, au moins il y aura eu un procès qui alertera la justice au cas où l'accusé serait de nouveau inquiété pour des faits semblables. D'ailleurs dans les familles, l'auteur étant souvent un proche parent, il se trouve que la victime à tendance à passer pour étant mythomane, une menteuse ou un menteur, qu'on l'accuse de vouloir détruire la famille (une question intéressante: existait-il réellement une famille au moment de cet acte?). Il est important, alors, que ce crime, soit reconnu par la société et jugé. En parlant de culpabilité, il faut savoir qu'elle se révèle par différentes manières, par des scarifications (la victime prend un objet tranchant et se mutile avec), parfois par de la prostitution, très souvent par de la dépression, parfois par de la dépression sévère, parfois par une tentative de suicide ou par le suicide. Selon ceux qui défendent l'abrogation de la prescription, le nombre de dénonciations calomnieuses (condamnable par la loi) ne serait pas nécessairement plus important, puisqu'on peut accuser son voisin de n'importe quel délit ou de crime.

 

Après avoir exposé les différents arguments des parties concernées, on peut se demander quelle thèse défendre. La première partie nous donne des arguments, qui s'opposent à des arguments dans la seconde partie. Ce que l'on peut noter, c'est le poids fort, bouleversant, des arguments de ceux qui veulent une abrogation de la prescription, en effet, ils mettent en évidence un fait condamnable: le déni de justice, pour des faits particulièrement graves. Pour ma part ce poids fort me fait penser que ce ne serait que justice que des abuseurs, que des violeurs d'enfants, soient jugés même longtemps après les faits. Etendre cette justice aux crimes sexuels commis sur les enfants, mais aussi aux autres crimes, par exemple pour les crimes de sang, mais pas nécessairement à tous les crimes, est je crois, nécessaire. En effet un crime d'argent est-il plus important qu'un abus sexuel envers un enfant? On peut donc ouvrir sur un autre sujet: l'abrogation de l'ensemble des crimes relatif aux personnes.

 

Des modalités d'action pour défendre cette thèse ont déjà été réalisées, au moins une pétition demandant l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur de enfants a été mise en place. Une question écrite (n° 03281 de M. Louis Moinard (Vendée - UC)) a déjà été traitée pour demander qu'un point soit fait sur la prescription. Il en ressort que la prescription mise en place est jugée "suffisante": il est donc sous-entendu que l'imprescriptibilité pour de tels crimes est exclue. Une question écrite vantant les mérites de l'imprescriptibilité doit être, à mon avis, posée au ministre compétent. Je crois aussi, que cette question, doit faire l'objet d'une contribution thématique au Parti Socialiste.

Par daviddepau - Communauté : Parlons politique
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Vendredi 3 avril 2009

En France plus de 20 000 personnes, chaque année, décèdent à cause de leur addiction à l'alcool.

 

Olivier Ameisen est médecin cardiologue, chercheur, ayant eu son baccalauréat à l'âge de 16 ans, pour émuler son frère et sa sœur. Cet homme très brillant, finit par sombrer dans l'alcoolisme et passe neuf mois en cure, et va jusqu'à deux fois par jour aux alcooliques anonymes (à noter qu'il est prouvé que le facteur génétique est prédisposant à l'alcoolisme).

 

Le docteur Ameisen finit, grâce à une amie, par lire un article paru dans le célèbre journal New York Times, décrivant l'histoire d'un cocaïnomane légèrement alcoolique traité pour des spasmes musculaires au baclofène. L'individu avait demandé à ce que le traitement lui soit légèrement augmenté, car pas assez efficace à son goût. L'homme en question s'était rendu compte que le baclofène réduisait son envie de boire de l'alcool et de consommer des drogues.

 

Après avoir contacté Anna Rose Childress, qui avait fait l'observation, et après avoir trouvé un autre article intéressant traitant d'une étude dont les résultats ont démontré que l'administration de hautes doses de baclofène supprimait le «craving» (envie irrépressible contre laquelle le patient doit lutter jour après jour pour éviter de rechuter dans l'alcoolisme) chez les rats cocaïnomanes, il se décide le 22 mars 2002 à tester seul le baclofène sur lui, alors qu'il n'y a aucune autorisation AMM (autorisation de mise sur le marché) concernant ce médicament pour le traitement de l'alcoolisme.

 

Il met en place un protocole thérapeutique rigoureux afin de tester ce médicament.

 

Olivier Ameisen affirme: «Le 9 janvier exactement, je commence le protocole en montant donc par palier. Au bout de 35 jours, je me retrouve devant des gens qui boivent alors que j'étais en train de lire un journal et, sans même y croire moi-même, j'avais une indifférence totale».

 

Olivier Ameisen, au bout de ce mois, était à 270 mg par jour, alors que la dose maximale autorisée pour le traitement des spasmes musculaires est de 80 mg par jour. On peut trouver sur la notice différents effets secondaires en cas de prises de très fortes doses, dont notamment la dépression respiratoire, qui peut conduire à un état de choc cardio-respiratoire fatal. Olivier Ameisen a donc mis sa vie en danger pour tester ce médicament.

 

En Italie, Giovanni Addolorato et son équipe ont cherché à savoir l'effet du baclofène sur 84 sujets souffrant d'une cirrhose hépatique et d'une dépendance alcoolique (avec une consommation hebdomadaire supérieure à 21 verres pour les hommes (de 12 grammes d'alcool pur), et pour les femmes avec une consommation hebdomadaire supérieure à 14 verres avec un minimum de deux jours d'alcoolisation importante par semaine (plus de 5 verres en 24 heures)).

 

Les doses de baclofène administrées ont été croissantes, de 5mg 3 fois par jour à 10 mg 3 fois par jour (ce qui est bien largement inférieur aux très fortes doses utilisées par le docteur Ameisen). La durée de l'étude, publiée dans la revue The Lancet en 2007 sous le titre: «Effectiveness and safety of baclofen for maintenance of alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis: randomised, double-bind controlled study» a été de 12 semaines.

 

L'expérience a été menée en double aveugle, donc sans que les scientifiques sachent quelles personnes recevaient le baclofène et quelles personnes recevaient le placebo. Les conclusions de l'expérience sont les suivantes: dans le groupe qui prenait du baclofène 71% ont réussi durant la période de l'étude à arrêter l'alcool, contre 29% dans le groupe placebo, et la durée moyenne d'abstinence sous baclofène serait de 62,8 jours, tandis que sous placebo elle serait de 30,8 jours.

 

Néanmoins, il est à noter que les patients ayant quitté l'expérience avant échéance ont été comptabilisés comme des échecs, 31% ont quitté l'étude dans le groupe placebo, contre 14% dans le groupe baclofène.  L'expérience a donc pu être faussée, ainsi, Martine Daoust, présidente de la société française d'alcoologie reconnue d'utilité publique (décret du 29 octobre 1998), affirme: «Dans ces dernières années une étude menée chez l'homme a donné un résultat encourageant (mais non spectaculaire) qui rend raisonnable la poursuite de recherches méthodologiquement indiscutables».

 

De plus, les alcooliques cirrhotiques sont réputés moins dépendants que ceux ne souffrant pas d'atteintes hépatiques, mais les alcooliques cirrhotiques sont plus difficiles à traiter car chez eux de nombreux traitements sont métabolisés par le foie.

 

D'après les scientifiques ayant réalisé cette étude, les résultats démontreraient que le baclofène est aussi capable de réduire le niveau d'anxiété et des troubles obsessionnels compulsifs liés à l'appétence, néanmoins le baclofène n'a aucun effet significatif sur la dépression. 

 

Le docteur Ameisen avait aussi constaté cela, souffrant d'attaques de panique sévères, d'une timidité excessive depuis l'enfance, qui l'ont amené à consulter un psychiatre, à suivre une psychothérapie, une psychanalyse, une thérapie cognitive et comportementale, ainsi que de suivre des traitements médicamenteux. Il affirme que la prise régulière de baclofène supprime totalement ses attaques de panique.

 

Si on se réfère aux dires des scientifiques ayant réalisé cette expérience et à ce qu'affirme le docteur Ameisen, alors le baclofène pourrait donc aussi être un traitement efficace contre l'anxiété (et donc un nouveau traitement utilisé par les psychiatres).

 

Dans un article de la revue Le Point, daté du 2 octobre 2008, le professeur George Koob, président du Comité de neuro-biologie des troubles de la dépendance au Scripps Research Institute de La Jolla (Californie), a affirmé: «Nous venons de terminer une étude chez les rongeurs  qui montre que le baclofène est plus efficace pour supprimer la prise d'alcool chez des rats alcoolodépendants que chez des rats non dépendants. Nous préparons un article sur ces résultats», ainsi, le baclofène aurait déjà de l'effet sur des rats alcoolodépendants.

 

Le cas d'Olivier Ameisen ne serait pas isolé, ainsi la revue scientifique Alcohol and Alcoholism a publié en 2006 un article concernant un homme d'affaires atteint d'alcoolodépendance sévère. Un addictologue lui aurait prescrit de hautes doses de baclofène ce qui lui aurait enlevé son «craving».

 

Parallèlement, Pascal Gache, responsable de l'Unité d'alcoologie aux hôpitaux universitaires de Genève affirme: «Cela fait deux ans et demi que je prescris du baclofène. En tout à trente-quatre patients. Sept l'ont mal supporté et l'ont arrêté. Pour le reste, les retours sont étonnants, très différents de ceux que j'ai avec les autres médicaments. L'enthousiasme des patients est vraiment l'aspect qui m'impressionne le plus».

 

De nombreux scientifiques demandent à ce qu'une étude clinique sur le baclofène soit faite, ainsi, les scientifiques de l'INSERM, dans la lettre bimestrielle sur les effets de l'alcool (février 2008), souhaitent qu'une étude à plus grande échelle échelle et à plus long terme soit mise en place, aussi, Renaud de Beaurepaire, chef du service de psychiatrie de l'hôpital Paul-Guiraud (Villejuif), dénonce: «Il n'y a rien rien d'absurde à vouloir faire des essais thérapeutiques d'autant que l'on dispose d'une expérimentation animale encourageante chez le rat.»

 

Depuis 1997, le Baclofène est vendu en France sous le nom de marque Lioresal, qui est en fait produit en tant que médicament générique. Il n'est donc pas très intéressant, économiquement parlant, pour les grands laboratoires pharmaceutiques, mais aussi pour Novartis (l'entreprise qui a découvert cette molécule) de mettre en place des études cliniques en vue d'évaluer l'efficacité de cette molécule dans le cadre du traitement de l'alcoolisme.

Par daviddepau - Communauté : Parlons politique
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